La prise en charge reste problématique, malgré la gratuité des services.
Jusqu’à une date récente, Mathilde Beyeme, médecin à l’hôpital de Djoungolo comptait parmi ses patients infectés du Vih/Sida, cinq enfants âgés de 5 à 10 ans. “ Mais un vient de décéder ”, regrette ce médecin. Au dispensaire catholique Mgr Jean Zoa de Nkoldongo, on compte à peu près 500 dossiers de femmes séropositives, 400 dossiers d’enfants suivis. Parmi eux, il y a des enfants qui sont en attente de leurs résultats. Chez ceux qui ont déjà les leurs, treize (13) sont séropositifs pour diverses causes. Pour certains, leurs mamans n’ont pas fait correctement le traitement préventif. D’autres ont joué de malchance, car malgré tout, ils sont déclarés positifs. Enfin, chez certains de ces jeunes malades “ la maman est venue parce qu’elle était enceinte, mais parmi ces enfants nés précédemment, l’on a découvert des séropositifs qui sont aussi suivi au centre ”, explique Nathalie Nkoué, médecin généraliste.
Selon cette pédiatre en service au projet de prévention de la transmission de la mère à l’enfant du Vih/Sida (Ptme plus), la mère est la porte d’entrée du Vih/sida chez l’enfant. On le découvre à travers les femmes enceintes séropositives dépistées lors des consultations prénatales. Cependant, rassure-t-elle, leur prise en charge permet qu’elles mettent au monde des enfants séronégatifs. “ Ça veut dire qu’il y a certains médicaments antirétroviraux (Arv) qu’elle prend pendant la grossesse ou pour toute la vie. Juste après l’accouchement, on donne aussi un traitement à l’enfant. Et on fait un suivi de l’enfant jusqu’à 18 mois. Parce que c’est à ce moment qu’on a la preuve formelle de la négativité ou de la positivité de l’enfant. ” Il arrive parfois que la méthode de prévention soit inefficace et que l’enfant soit positif.
“ C’est rare, mais il y a des facteurs qui peuvent faire que l’enfant malgré tout soit séropositif. A ce moment, le suivi devient celui d’un enfant séropositif. On fait son bilan pour savoir s’il a besoin ou pas des Arv ”, poursuit le médecin. Dans ce centre, les partenaires séropositifs sont aussi suivis s’ils le désirent. Pour Nathalie Nkoué, l’espoir est permis au regard des chiffres enregistrés dans sa formation sanitaire. Ils sont, d’après elle, la preuve que les messages de sensibilisation passent. “ Ce n’est pas que la prévalence ait augmenté par rapport au passé. C’est que les gens sont beaucoup plus conscients. De bouche à oreille, ils savent que dans tel ou tel centre, le suivi se fait, on a accès à certains services… Avant, s’il y avait moins de mamans, c’est parce que les gens avaient peur, ils n’osaient pas faire le dépistage. Maintenant qu’on leur explique qu’une séropositivité n’est pas la fin du monde, beaucoup plus de femmes se font dépister. ” Au Cameroun, environ 43.000 enfants sont porteurs du Vih/Sida. Sur les 10.000 qui ont besoin d’Arv, seuls 1500 sont sous traitement. Afin d’aider pédiatres et médecins généralistes à détecter le plus rapidement le Vih/Sida chez les enfants, le Centre international de référence Chantal Biya a servi de cadre à un cours international sur la question. C’était du 29 au 31 janvier 2007.
Par Nadège Christelle BOWA
Le 02-02-2007
Article paru dans le Le MEssager : www.lemessager.net